L’art de bien apprendre l’astrologie

10 mai 2018 Non Par L'Echelle Humaine

Ce n’est pas seulement le cerveau qui apprend.

Apprendre l’astrologie, pourquoi ?

L’astrologie est un art du discours sur les qualités du monde et ses mutations. Elle n’a cependant aucune existence du lieu d’une conscience qui se sépare radicalement du monde, voyant celui-ci comme un objet physique totalement asynchrone avec elle-même. Mais la conscience séparatrice est d’une émergence relativement récente dans l’histoire de l’humanité  : elle a donné la science. L’astrologie est née dans le bain d’une autre conscience : celle qui voit le monde en soi-même et soi-même dans le monde, sujet et objet – si tant est que ce dernier puisse encore être ainsi nommé – étant inséparables et pleins de la même sève. Cette conscience-là, que l’on perçoit aujourd’hui comme magique et animiste, est précisément enfouie en chaque être humain aux fins de pouvoir maîtriser le monde comme objet. Enfouie, mais pas éradiquée. Elle est toujours là dans nos rêves ou dans certaines poésies par exemple. Découvrir l’astrologie, c’est redécouvrir une conscience unifiante du monde, parfois oubliée depuis longtemps, sans se départir de notre conscience actuelle après tout chèrement acquise. C’est agrandir son champ de conscience et cesser de faire de notre perception actuelle du monde une vérité absolue. Apprendre l’astrologie, cela mène à relativiser, sans la perdre, notre culture souvent purement analytique qui s’exerce à diviser le monde en ses parties, pour percevoir de nouveau l’unité sous-jacente de tout ce qui existe. Le message de l’astrologie est que l’univers nous contient comme nous le contenons. Pour elle, par son système millénaire de compréhension du monde qui en témoigne, la séparation est une illusion, nécessaire pour former l’individu, mais une illusion quand même. Or toutes les spiritualités du monde, dans leur plus haute expression, visent à libérer la conscience de la cloison des réalités tangibles.                                                                          

Discipline unique en son genre, l’astrologie a le langage du symbole. Le symbole ne désigne pas seulement une réalité extérieure (en astrologie, une direction de l’espace ou une planète par exemple), mais aussi le  lien avec l’expérience intérieure que l’on fait de cette chose. Autrement dit, l’univers est à l’extérieur de nous comme il est à l’intérieur. Et cette expérience intérieure n’est pas seulement personnelle, elle est aussi collectivement partagée et forme ainsi le lit expérimental et culturel commun de l’astrologie. Ainsi l’astrologie s’est-elle répandue dans le monde entier depuis son berceau : la Mésopotamie. L’apprentissage de l’astrologie est une démarche humaniste au sens premier de ce terme. C’est l’Humain que l’on découvre dans l’astrologie : son regard sur la vie, ses interrogations, les structures de sa perception du monde en tout temps et en tout lieu. Dans un monde fasciné par l’argent et le bonheur matériel c’est une sorte de retour aux sources !

Comment apprendre ?

Il existe diverses façons d’apprendre l’astrologie. Pourtant, quelle que soit la méthode celle-ci doit avoir la vertu de vous nourrir de la signification des symboles et de la cohérence qui les lie les uns aux autres. L’astrologie est la première tentative de mise en ordre des phénomènes de la vie. Une des premières vertus de l’enseignement de l’astrologie est d’apporter une conscience des structures évolutives de la vie.

 

Système de Ptolémée

Pourtant, l’apprentissage ne peut en rester là, à moins de faire de l’astrologie un pur intérêt intellectuel. Les premiers astrologues étaient pragmatiques. Ils interrogeaient le Ciel pour avoir des réponses vitales et pratiques. L’astrologie doit absolument être pratiquée de manière autonome sur des fondements solides. Concrètement, elle est pratique sans relâche de la reconnaissance en soi et dans le vivant des symboles (planétaires, zodiacaux etc.), ce qui mène inévitablement à retrouver son lien avec l’univers. Non l’univers au-dehors, en tant qu’objet, mais l’univers tel qu’il est vécu par la conscience humaine. Puis interpréter, interpréter encore et comprendre. Combien d’élèves se cassent le nez sur la pratique de l’astrologie faute d’avoir intégré le suc même des symboles ? C’est l’esprit même plus que le cerveau qui doit être pétri du symbole et de sa valeur, par expérience sensible et non seulement par savoir.

Alors quelque chose se passe. Le discours astrologique devient vivant. Il touche quelque chose à l’intérieur de nous comme un fleuret amical ; il n’est pas un discours vain et intellectuel dans notre tête, mais il éclaire notre vécu en lui apportant sans doute un peu de cette lumière volée aux dieux. Il devient connaissance de soi, découverte et dévoilement. Quelque chose de spirituel se produit quand l’astrologie révèle notre vécu par la grâce des symboles. Dans un tel moment, l’unité de l’homme et de l’univers est révélée tout à coup, mais simplement, mais avec un émoi, une fraîcheur, un sentiment soudain d’unité et de compréhension intuitive qui rompt l’isolement d’une conscience en éclairant ses questionnements. Ce à quoi toute connaissance de l’astrologie doit amener à la longue pour être aboutie, c’est l’expérience intime des qualités de la vie qui rend le discours des grands astrologues si captivant et si humaniste.