Introduction

Extrait du cours (premier chapitre). © Didier Fleury.

'astrologie est née des choses les plus simples. L'homme est un être de la nature, et cette nature, qui nous entoure, a beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes.

Il se passe beaucoup de choses sur Terre, mais rien n'est comparable à ce que nous voyons dans le ciel. La vision des étoiles est un spectacle unique.

 

C'est aussi inaccessible. Le spectacle du ciel, si distinct de celui de la Terre, a fait naître des concepts divins. Dans certaines mythologies, la Terre et le ciel forment un couple donnant naissance à la vie. Ce mythe possède l'intuition de notre naissance dans les étoiles et de la vie rendue possible sur Terre. L'être humain doit en effet sa vie aux étoiles où d'extraordinaires fusions nucléaires ont produit les éléments atomiques qui le composent aujourd'hu i. Ce que l'homme a toujours honoré dans le ciel, c'est sa naissance. Dès lors, on comprend qu'il puisse questionner les étoiles, que ce soit astronomiquement (de façon scientifique, comme un univers hors de soi), ou astrologiquement (comme une image de soi).

 

L'astrologie n'a pas été théorisée tout d'un coup. Elle commence à une époque où l'homme vivait pleinement dans la matrice de la nature et y projetait spontanément ses émotions. Aussi, chaque élément de la nature, y compris toute planète, était-il personnifié, habité d'une âme . Le lien était biologique et prégnant. L'astrologie était une réalité vivante.

Nous avons appris à connaître le monde par l'analyse exclusivement. A l'école, nous apprenons dans les jeunes classes à connaître comment une pomme est faite par la « leçon de chose », pas en la goûtant. Nous posons notre monde comme un objet de pensée extérieur à nous, devant nous, jamais en nous . Cela nous sépare des réalités vivantes, et bien sûr de l'astrologie.

On peut essayer de toucher du doigt notre séparation du monde. Fermez les yeux, et imaginez le système solaire (dont vous avez sans doute une image, grosso modo ). Qu'avez-vous imaginé ? Sans doute un système contenant le Soleil au centre et des planètes tournant autour de celui-c i. Où vous êtes-vous situé dans cette image ? Sans doute nulle part, sans doute à l'extérieur de ce système, en observateur. Cette image est une production de notre esprit. Dans les faits, nous sommes dans ce système et profondément lié à tous ses mouvements. Mieux, nous sommes ces mouvements. A l'instant même, vous êtes projeté autour du Soleil à la vitesse de 30 km/seconde, et il y a 6 mois, pourtant assis à la même place, vous étiez à 300 millions de km d'ici (en moyenne) de l'autre côté du Soleil.

Autrefois l'homme projetait naturellement dans le ciel ses propres contenus mentaux et émotionnels, ce qui revenait à ne pas se diviser du monde, à se voir en lui et à le voir en nous. Et le ciel a répondu à ces projections du fait d'une similitude entre les deux parties qui n'est certainement pas à prendre au pied de la lettre, mais qui est pourtant vraie. Les mouvements observés dans le ciel (soleil, lune et planètes), leurs rythmes propres, correspondaient à l'évolution à la fois biologique et psychique de l'observateur.

L'observation a permis de découvrir cohérence et répétition dans les mouvements de notre univers. Le Soleil et la lune sont les premiers exemples de régularité. La lune offre des phases liées, faites de jeux d'ombre et de lumière, allant de la nouvelle lune à la pleine lune, et inversement. Le soleil, dans son cycle annuel, change la qualité de la vie sur Terre. Les rythmes du ciel nous touchent, nous façonnent ! Ces cycles sans fin forgent la réalité astronomique de l'être humain. Les planètes ont des rythmes réguliers. On les retrouve à la même position dans le ciel après un temps toujours identique. Elles sont bien moins repérables que le Soleil ou la Lune car il ne reste d'elles que des points brillants dans les cieux, mais enfin elles avancent pour l'observateur qui revient chaque nuit à leur étude dans le ciel étoilé. On s'aperçoit que l'univers qui nous entoure est fait de rythmes répétitifs. Ceux-ci restent immuables tandis que des civilisations naissent et meurent, l'échelle humaine étant trop courte pour évaluer les changements d'un aussi grand tout.

L'astrologue établit alors des rapports entre les événements terrestres et les mouvements célestes et enrichit constamment son observation. Des tablettes anciennes consignent ces rapports, liés d'abord aux événements collectifs. L'intérêt réside dans les coïncidences répétées qu'on pensait trouver entre un moment du ciel et un moment sur Terre. L'astrologie a toujours soutenu la soif de prévision propre à l'homme. Les préoccupations étaient d'abord bien simples, mais vitales : récolte, famine ou abondance, guerres et paix, destin des rois... Le ciel était favorable ou défavorable, car, comme on l'a dit, on n'était pas détaché de la nature ressentie comme chargée de forces au-dessus du pouvoir humain. Quand on commença d'appliquer plus finement les mathématiques à la révolution des planètes, et aux mouvements de l'univers, on put prévoir avec une meilleure exactitude les phénomènes célestes, comme les éclipses. L'univers devenait plus prévisible, et l'homme plus fataliste ne savait pas comment échapper à la mécanique du monde.

Cependant à force d'observer, de consigner, de prévoir avec plus ou moins de succès, et de transmettre cette mémoire qu'est l'astrologie, on a pu apercevoir des principes plus profonds qui sous-tendaient les événements. Déjà, au II me siècle après Jésus-Christ, Ptolémée, un homme, fondateur pour l'astrologie moderne, estime dans son œuvre, le Tetrabible, que l'interprétation d'un thème doit  ... combiner les considérations relatives à l'espèce, à la nourriture, à l'éducation, au pays...  C'était placer les planètes au rang de principes se manifestant à travers la teinture d'une société. Le ciel n'était plus impératif comme dans les premiers temps de l'astrologie, il était interprétable. L'astrologie devenait conditionnelle.

L'astrologie est maintenant à une nouvelle étape de son histoire. Les principes de Ptolémée n'ont pas été changés, mais l'interprétation des thèmes a beaucoup évolué afin de répondre à notre vision moderne de l'existence. Ceci est normal, car l'astrologie est une charpente symbolique dont le sens évolue tandis que l'humanité chemine. Presque tous les astrologues modernes se sont affranchis de « l'influence des planètes », car nous disposons d'autres pensées pour tenter de comprendre notre relation à l'univers.

Si l'astrologie est allée bon an mal an jusqu'à nous, c'est qu'il y aurait une analogie profonde entre l'univers et nous-mêmes grâce à notre naissance dans son milieu. Il semble que l'esprit humain soit façonné par l'apparence même de l'univers : la lumière, la nuit, les cycles saisonniers. En somme des qualités changeantes. Le jour et la nuit, qui sont des mouvements alternatifs, nous font percevoir deux facettes du monde. La lumière permet de voir , donc de nommer et de mesurer dans le discernement. La nuit nous intériorise et augmente l'intimité avec l'imaginaire et les sens, laissant survenir l'irrationnel. Faut-il s'en convaincre ? Que l'on parte en forêt le jour et que l'on rentre la nuit ! Toute notre perception change. C'est toute une façon d'être qui se façonne et se transforme selon l'état de l'univers qui nous entoure. Nos rythmes internes se sont accommodés au changement duel jour / nuit. Celui-ci a imprimé en nous le sens de la dualité. Des pôles à l'équateur, l'alternance du jour et de la nuit a formé la nature humaine.

Toutefois, l'astrologie va bien plus loin que ces constatations simples. Ce dont elle cherche à rendre compte, c'est que nous sommes des êtres évoluant de façon cyclique. Les cycles du jour et de la nuit, ou les cycles saisonniers sont évidents. Nous les vivons vraiment. L'astrologie va voir plus loin : elle étudie les cycles de toutes les planètes en les rapportant à l'être humain. Ces cycles sont repérables par la position des planètes qui tournent autour de la Terre et reviennent à un point de départ (Soleil compris car nous le voyons se déplacer). Un cycle se divise autant de fois que l'on y trouvera des points significatifs. Il peut être divisé en quatre points forts, il peut l'être en huit, il l'est pourtant en douze ! Notre astrologie reconnaît douze étapes importantes dans un cycle. D'autres divisions sont utilisées dans la pratique, mais le nombre 12 demeure une référence essentielle. C'est le cycle de la lune qui tourne 12 fois autour de la Terre en 1 an.

L'astrologie s'intéresse à la façon dont l'univers nous touche , pour reprendre cette expression de l'astrologue Rhudyar. Si nous sommes nés dans un univers cyclique, on doit pouvoir trouver quelque chose de nous dans ces cycles. La nature donne à l'homme l'image de ce qu'elle a construit en lui, d'où la notion d'adéquation et d'interdépendance entre les deux.

Les planètes ne circulent pas à la même vitesse. Aussi l'astrologie en arrive-t-elle à l'idée essentielle que l'homme agit selon des rythmes vitaux distincts que l'on peut repérer, des principes dont les combinaisons s'enchevêtrent, se marient et se manifestent dans ce qu'il est .

La correspondance entre l'homme et l'univers est un étonnement, voire un mystère que différentes pensées ont tenté de percer. Cette correspondance n'implique nullement que nous soyons gouvernés par les planètes. On l'a cru aux temps anciens de l'astrologie, car l'homme était tout disposé à voir son destin régenté par les dieux. Tantôt les planètes étaient les demeures des êtres suprêmes, tantôt leurs étranges lumières étaient les dieux eux-mêmes. D'autres fois, ce ne sont que de simples repères, un peu comme les aiguilles d'une montre gigantesque. L'astrologie aujourd'hui se figure plutôt les planètes comme des archétypes intérieurs à l'homme. L'être humain reconquit sa liberté dans le symbole qui s'offre à lui et respire avec lui. L'astrologie est riche de notre pensée et nous ramène aux trames essentielles de la vie passée, présente et à venir.

Quels que soient les points de vue qui aident à la comprendre, l'astrologie doit être pratiquée et mise à l'épreuve dans les faits. Puisse-t-on ainsi acquérir calmement une philosophie naturelle plutôt qu'une croyance.