Comprendre l'astrologie (suite)
par Didier Fleury
L'évolution de l'astrologie.
Si l'astrologie demeure efficace et pertinente aux nombreux astrologues et étudiants de cette discipline, c'est que les mythologies imageaient la liaison entre le ciel et la Terre, mais ne conditionnaient pas sa validité. Des peuples différents ont d'ailleurs projeté sur le ciel des mythologies variées mais fondamentalement proches quant à la structure. Les mêmes planètes étaient associées partout à des significations analogues. La déesse Nana des Babyloniens, l'Astarté en Phénicie, l'Ishtar des Phéniciens, l'Aphrodite des Grecs désignent la planète que nous appelons encore Vénus. Ces associations sont des symboles qui réunissent l'être humain à l'univers. Ce sont des archétypes. Ces archétypes, noms que l'on donne aujourd'hui aux nimbes de la mythologie, représentent ce qui nous reste comme contenus universels.
Avec le raffinement de la cosmographie -écriture des mouvements du ciel- se fait jour une mécanique céleste qui permit d'extraire des principes astrologiques directeurs des méandres de l'observation. La complexité du réel pouvait alors être interprétée à travers quelques principes combinés entre eux.
Le zodiaque, comme système de repérage à la fois mathématique - il est régulier - et qualitatif dans le ciel, ainsi que la domification, donnent à l'astrologie son visage cosmographique le plus parfait.
En ramenant la complexité humaine à des principes combinés, l'astrologie devenait un facteur d'ordre dans le chaos apparent du monde. C'est un savoir né des profondeurs de l'être humain dans sa volonté d'ordre et de compréhension.
A partir de ses origines, l'astrologie passe par des phases différentes selon les époques et les lieux. Des philosophes grecs qui la chamaillèrent aux dieux, en passant par le Moyen-Age chrétien et les Arabes, par la Renaissance et par l'époque des " Lumières " jusqu'à nos jours, l'astrologie a cheminé, s'est enrichie, s'est vue l'objet de réflexions passionnées, pour demeurer toujours ce qu'elle est : l'étude des correspondances qui existent entre l'être humain, dans sa situation particulière sur Terre, et l'univers du système solaire qui l'entoure.
On peut dire que l'astrologie, quelle que soit la définition qu'on lui donne, est la branche du savoir qui perpétue cette découverte de l'homme sur lui-même : Nous sommes fondamentalement empreints des rythmes du cosmos. Ainsi, nous nous construisons en tant qu'être humain selon un rythme et selon une structure qui peut être lu dans le système solaire lui-même, parce qu'il nous accueille, force est de le constater, à l'intérieur de son mouvement permanent.

Image © Didier Fleury
L'astrologie repose tout entière sur un sentiment de continuité entre l'être humain et l'univers -continuité en fait bien réelle-, mais il n'est pas question de soumission de l'un à l'autre (voir l'article de Christian Duchaussoy sur le sujet de la liberté et des pratiques de l'astrologie, dans l'espace "Textes et documents" du site).
Notre échelle de temps est ainsi construite sur la mesure du système solaire. La journée ou l'année ne sont pas des durées arbitraires, mais des réalités astronomiques.
L'astrologie étudie quant à elle nos correspondances avec le système solaire et les traduit en termes de constitution, de comportements. C'est du moins ce qu'elle fait aujourd'hui. Elle suscite de l'engouement parce qu'elle permet de se regarder objectivement, de se connaître, et confère une conscience subtile à celui qui progresse dans sa compréhension. Toutes choses dont la brutalité du monde marchand d'aujourd'hui nous éloigne.
La pratique actuelle de l'astrologie.
Mais concrètement à quoi sert l'astrologie ? Certains l'étudient passionnément pour le plaisir de la découverte, de la recherche, et parce que l'astrologie leur permet d'explorer le réel, de le comprendre avec un regard différent en découvrant que la vie sur Terre et le système solaire ne sont pas séparés. D'autres trouvent dans l'astrologie une pratique, un art de vivre, des applications concrètes et quotidiennes. C'est aussi une voie de connaissance de soi, et ces mots n'ont rien ici de galvaudé. Mais ce que l'astrologie n'est pas, c'est une contrainte à voir la vie d'une manière plutôt que d'une autre, à faire ceci plutôt que cela. Elle montre comment nous avons pris telle et telle position dans la vie, mais elle ne juge pas pourquoi et comment nous l'avons fait. Elle renvoie l'homme à son libre-arbitre, mais elle le fait en lui montrant le sens de ses choix. Elle a le don de répondre à des questions comme: quelle est l'origine de notre façon d'être ? Qu'est-ce qui est fondamental en nous ? Comment nous sommes nous adaptés à notre histoire ? Voilà ce que propose cette discipline venue jusqu'à nous en pleine forme. L'astrologie est moderne. Le XXe siècle a vu sa profonde rénovation.
L'astrologie propose une réflexion et des méthodes, quand elle est bien abordée, ainsi qu'une expérimentation. On voit de nos jours une chose impensable jadis, c'est la recherche d'une validité théorique de l'astrologie, en la comparant avec d'autres disciplines mieux cautionnées. Entreprise d'ailleurs enrichissante. Mais l'astrologie n'a en soi rien de pâle. Sa cohérence théorique existe. Des astrologues comme Christian Duchaussoy le montre clairement.
En l'état actuel, si l'on excepte les recherches très pointues peu accessibles, l'astrologie apporte sur notre table plusieurs milliers d'années d'observations et de constatations, réduites à des principes remarquablement décrits et jouant entre eux selon une méthode éprouvée.
L'astrologie est un savoir d'ordre qualitatif et symbolique tout à la fois qu'un ensemble de techniques permettant de faire parler ce savoir dans la réalité d'un individu ou d'une collectivité.
L'astrologie s'apprend et s'applique. Elle peut être apprise dans les bases, simplement, et peut devenir, avec l'habitude, le métier et la formation, un terrain très subtil des combinaisons symboliques de la vie.
C'est l'étude du discours des astres, née du regard de l'homme sur le ciel quand il s'interroge sur les phénomènes de la vie.
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